Editions Jorn, littérature occitane contemporaine

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Henri Espieux

Henri Espieux, né en 1923 à Toulon, est un des grands noms de la poésie occitane de l'après-guerre et sans doute le poète le moins lu. Vivement impliqué dans l'écriture et dans la construction de l'occitanisme, il vécut à Paris puis à Nîmes où il mourut en décembre 1971.

Contemporain et ami de Robert Lafont, Bernard Manciet, Felix Castan, Bernard Lesfargues, Henri Espieux fut pendant dix ans (1950-60) directeur littéraire de la collection de poésie « Messatges ». Il en assure le rayonnement dans les milieux littéraires et journalistiques des années 1950 où les lettres d'oc cherchent et obtiennent une certaine reconnaissance. Par sa fougue et son talent, l'auteur de Telaranha (1949) est alors le ténébreux porte-parole de sa génération. Il signe dans Oc de brillantes critiques - inspirées de Bachelard - d'une poésie dominée par la haute figure de Max Rouquette. Mais au fil des années, perdant de son insolence, il se replie dans une posture de poète maudit et solitaire, alors qu'il est toujours très attentif aux développements du « génie d'oc » et qu'il entretient une correspondance suivie avec René Nelli, Ismaël Girard, Felix Castan comme avec Robert Lafont puis Jean Larzac. Ses plus beaux recueils, Heimatlos, Jòi e jovent, Sirventès, La nuech lònga. ne sont pas publiés, sans doute parce qu'ils débordent du cadre des plaquettes de la collection « Messatges ». Il finit par créer sa propre collection qu'il appelle « Tròbas », en référence à la poésie des troubadours dont il est nourri. Mais le manque de moyens conduit l'entreprise à un semi-échec. Henri Espieux meurt jeune, à Nîmes, en 1971, dévoré par le cancer et l'angoisse qui ne l'a jamais quitté, mais entouré de ses amis qui rassemblent quelques uns de ses poèmes dans un recueil posthume : Lo temps de nòstre amor, lo temps de nòstre libertat.

Car la poésie fut son seul chemin de liberté, « entre peur et amour du vide », comme l'a écrit Yves Rouquette. Il n'a vraiment vécu que d'en dire la nécessité quotidienne, comme le souffle du vent ou le ressac de la mer :
Un jour sans éclair est un jour perdu,
Un jour sans vent et sans orage,
Un jour sans poème.

Enric Espieux dans notre catalogue :
Tròbas 1 (1947-1960)


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